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Kultur

mai 2011
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Une soirée fantastique

Le Big-band français "Collectif LeBocal" a enthousiasmé le centre culturel de Dornbirn lors d'un concert malheureusement modérément fréquenté.

Dès le morceau d'ouverture "Oranienstreet"  ("Une rue d’Orange"), une composition du pianiste Thierry Girault, il était évident que cette soirée au centre culturel serait à nouveau placée sous le signe de l'excellence.
Dans une introduction très libre, Ernie Odoom –voix noire, peau blanche- décrivit d'intéressantes courbes mélodiques aptes à dominer les sons que le saxophoniste Guillaume Perret créait avec sa console d’effets sophistiquée.

Une insolente décontraction

Puis les membres du groupe se mirent en musique, les uns après les autres. Après un riff endiablé de Cyril Moulas à la guitare électrique, c’est Odoom qui fit retentir sa voix puissante, dotée d'une tessiture lui permettant de nous surprendre avec d’incroyables sauts de hauteur et de longues notes tenues : maîtrise des sons excellente et rythmique parfaite ! En arrière plan, les cuivres jouaient des motifs tout en tension, imbriqués, avec une décontraction presque déconcertante.
Mais ce n'était que l'avant-goût des structures musicales plus complexes que ce concert allait nous proposer. Le premier set fut essentiellement consacré -excepté "Oranienstrasse" que nous avons déjà évoqué- à des numéros présentant des arrangements sophistiqués des compositions de Frank Zappa.
Il fut ainsi évoqué avec des titres comme "King Kong", "Little Umbrellas", "The Idiot Bastard Son" et "Mr. Green Genes".
Un matériau de premier ordre qui permit aux 15 excellents musiciens d'offrir de remarquables solos. Les applaudissements se firent dès lors de plus en plus enthousiastes. Dans le deuxième set, les compositions personnelles furent à l’honneur. Avec "All of my friends", Moulas se révéla être un virtuose hors pair à la guitare.
Lors de son long solo, ses doigts couraient littéralement sur le manche. C’est ensuite l’ensemble du Big-band qui lui emboita le pas.
Thierry Girault au piano à queue nous gratifia, avec son interprétation de « Breathe Together », d’un solo plein de délicatesse et tout en sensibilité, preuve évidente de son talent poétique. Enfin, alors qu’il s’apprêtait à chanter "Grave Grouve", Odoom adressa au public ses remerciements pour ce fantastique moment passé à Spielboden, précisant qu'il fallait être attentif aux douces harmonies de la chanson avant d’ajouter : « Je plaisante». Le numéro final était en réalité un titre funk pur et dur !

Salut final. Des cris s'élevèrent pour réclamer un rappel qui fut naturellement accordé par ces sympathiques musiciens. Et c'est après un medley de "Zoot Allures" et "Cosmik Debris" de Zappa que les spectateurs quittèrent le concert dans la nuit de mai.

Peter Bader - Neue Vorarlberger Tageszeitung – mai 2011- traduction : Béatrice Soulié