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All-In.de

mai 2011
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Des sacrés Français

Le "Collectif LeBocal" : sensationnel ! Si l'on devait remettre un prix pour le projet le plus fou de ce printemps, le "Collectif Lebocal" le remporterait à coup sûr.

Ce que ces 15 français ont offert aux quelques 100 spectateurs réunis dans la petite salle du théâtre municipal est un spectacle que l'on ne voit pas tous les jours, ni même tous les ans.
Cette troupe se démène comme personne. Ce ne sont pas des jazz-(gentle)men tirés à quatre épingles qui montent sur scène, mais des personnages anti-conformistes vêtus de vestes de cuir, pèlerines d'artistes et casquettes.
Et le plus fou c'est que cela s'entend ! Mélangés dans le chaudron magique des sons et pour la plupart d'entre eux écrits par Thierry Girault (claviers), ou empruntés au riche patrimoine de Frank Zappa, les morceaux montent en puissance, propulsés par des improvisations et des peintures sonores spontanées.
Il s'agit d'une quête quasi collective de rythmes et de mélodies et le but est systématiquement atteint. Si la plupart des morceaux sont issus du rock, certains ont toutefois des accents blues ou soul.
Pour ce faire, l'orchestre mélange 90 ans d'histoire des big-bands.
Ils le font cependant à leur manière, misant sur la parodie et l'ironie, l'esprit et l'anarchie, la comédie et le divertissement.
Le tout dans une impressionnante dépense d'énergie. Et pour ce qui est du plaisir, il se transmet littéralement au public.
On sourit et l'on rit sans relâche. Certains musiciens dominent l'ensemble. C'est le cas de Girault, aux claviers, qui mélange les sons électroniques d'une façon extrêmement raffinée.
Idem pour le chanteur noir, Ernie Odoom, qui ne chante pas à proprement parler, mais dont les récits sont fascinants.
Les solos du guitariste, Cyril Moulas et du saxophoniste ténor, Guillaume Perret, sont fantastiques.
D'autres sont moins convaincants, seul bémol de la soirée.
En conclusion: en combinant un jazz d'excellente qualité avec un sens de l'humour remarquable ce Big Band contemporain réussit à nous procurer une réelle ivresse qui nous fait dire :
  encore, s'il vous plait !

mai 2011- http://www.all-in.de/nachrichten/kunst_kultur/allgaeukultur/Allgaeu-Kultur-Wilde-Franzosen;art2746,963020 Kempten (Klaus-Peter Mayr) 04.05.2011 traduction : Béatrice Soulié